L’or tente de reprendre pied après une séance difficile. Le métal jaune progressait lundi de 0,86 % sur le marché au comptant, à 3.909,8 dollars l’once, tandis que les contrats à terme américains pour livraison en décembre gagnaient 0,48 %, à 3.918,2 dollars.
Ce rebond intervient après la chute enregistrée vendredi, lorsque le cours avait abandonné environ 3,5 %, passant sous le seuil symbolique des 4.000 dollars l’once et touchant son niveau le plus bas depuis octobre 2025.
La remontée observée en début de semaine permet donc au marché de récupérer une partie du terrain perdu, sans effacer pour autant les pressions qui entourent actuellement les métaux précieux.
Le recul du pétrole redonne de l’air à l’or
Le mouvement bénéficie notamment de la détente des cours pétroliers. Le brut reculait de plus de 3 % en début de semaine, sur fond d’espoirs entourant les discussions menées par des négociateurs iraniens et des médiateurs qataris à Doha.
Ces échanges cherchent à ouvrir une voie diplomatique susceptible de mettre fin au conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Les discussions se poursuivent alors que les marchés restent particulièrement sensibles à tout signal susceptible de réduire les tensions au Moyen-Orient.
Une baisse du pétrole tend également à atténuer les inquiétudes inflationnistes. À l’inverse, une flambée durable des prix de l’énergie peut pousser les banques centrales à maintenir des taux élevés plus longtemps, une configuration généralement défavorable à l’or.
Le métal précieux ne verse en effet aucun rendement. Lorsque les taux augmentent, les placements rémunérés deviennent relativement plus attractifs et accroissent le coût d’opportunité lié à la détention d’or.
Un rebond encore essentiellement technique
Pour Kyle Rodda, analyste chez Capital.com, la progression de lundi ressemble avant tout à un rebond après les importantes ventes de la séance précédente. La détente du pétrole apporte également un soutien aux métaux précieux après plusieurs séances sous pression.
Le marché reste néanmoins fragile. Les mouvements techniques et les besoins de liquidités ont récemment poussé certains investisseurs à vendre des actifs considérés comme refuges, dont l’or, pour dégager des liquidités.
Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières chez Saxo Bank, estime ainsi que le métal jaune traverse une phase défavorable à court terme. Les pressions techniques prennent actuellement le dessus sur les arguments qui soutiennent l’or dans une perspective de long terme.
La Fed reste au centre des attentions
La trajectoire des taux américains demeure le principal point de vigilance. La Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs inchangés lors de sa dernière réunion, mais plusieurs responsables de l’institution ont depuis adopté un discours plus ferme face aux tensions inflationnistes.
Leurs déclarations ont ravivé les anticipations d’un nouveau resserrement monétaire. Selon l’indicateur FedWatch du CME Group cité par les marchés, la probabilité d’une hausse des taux en décembre avoisine désormais 73 %.
Cette perspective limite le potentiel de reprise du métal jaune. Plus les investisseurs anticipent des taux durablement élevés, plus la pression s’accentue sur les actifs qui ne génèrent pas de revenus.
L’argent rebondit également
Les autres métaux précieux évoluent eux aussi dans le vert. L’argent gagne 1,8 % à 49,97 dollars l’once, tandis que le platine progresse légèrement de 0,1 %, à 1.432,63 dollars.
Le palladium reste quasiment stable, autour de 976,31 dollars l’once.
Pour l’or, le seuil des 4.000 dollars reste désormais dans le viseur. Sa capacité à le reconquérir durablement dépendra toutefois de plusieurs variables : l’évolution du pétrole, les tensions géopolitiques, les perspectives d’inflation et, surtout, les prochains signaux envoyés par la Réserve fédérale.


